Metz et Lens changent d’image, des retombées économiques en perspective

Depuis 2010 Metz a son Centre Pompidou-Metz et plus récemment, Lens inaugurait son antenne du Louvre. Pour les territoires concernés, ces deux établissements sont les moteurs d’une nouvelle image et d’un développement touristique et économique. Afin d’optimiser les retombées pour les entreprises, les CCIT de la Moselle et de l’Artois ont signé une convention.

Après Metz qui a été la première ville à accueillir la décentralisation d’un établissement culturel public national avec l’ouverture du Centre Pompidou-Metz le 12 mai 2010, c’est désormais Lens qui se retrouve sous les projecteurs avec le Louvre Lens, ouvert au public depuis le 4 décembre 2012.

Ces équipements sont une reconnaissance de la valeur de nos territoires par la collectivité nationale

De la vitalité pour les territoires

Premier apport concret, ces deux équipements d’envergure nationale et à rayonnement international provoquent le bousculement nécessaire pour changer les esprits et renouveler l’image des territoires de la Moselle et de l’Artois. L’art semble posséder ce pouvoir de changer notre perception du monde … ainsi que le regard des gens sur les villes de Lens et Metz.

Mais l’image n’est pas le seul enjeu. Comme l’exprime Xavier Dectot, Directeur du Louvre Lens, un des objectifs du nouveau musée lensois est aussi de « créer du développement touristique d’abord, et du développement industriel et économique en général. »

Ces opportunités économiques, les CCIT de la Moselle et de l’Artois, représentantes des entreprises de leur territoire respectif, se sont naturellement chacune attachées à les saisir en amont. Et à en faire profiter leurs entreprises, en déployant des stratégies et des plans d’actions afin de « bien accompagner ces équipements pour qu’ils jouent leur rôle de valorisation et de dynamisation du territoire », explique Philippe Guillaume, Président de la CCIT de la Moselle.

Des retombées concrètes en Moselle

En effet, si les entreprises lensoises sont pour encore beaucoup dans l’expectative, malgré les 200 000 visiteurs déjà comptabilisés en 2 mois au Louvre Lens, celles de Moselle ont déjà pu bénéficier des 70 millions d’euros de retombées bien réelles et induites par le Centre Pompidou-Metz et ses 1 600 000 visiteurs depuis son ouverture !

Avec à l’esprit le panier moyen de presque 140 € par visiteur du Centre Pompidou-Metz, Edouard Magnaval, Président de la CCIT Artois, veut également croire que, tout comme à Metz, le Louvre Lens se traduise « par du concret, du chiffre d’affaires concret en plus pour nos commerçants lensois. »

Des points communs et des échanges à favoriser

Au-delà des deux musées, les territoires de la Moselle et de l’Artois présentent d’autres atouts similaires : une culture industrielle importante, la valeur du travail, une tradition d’accueil, une position frontalière avantageuse, de grands axes de communication, etc. Les convergences et les synergies possibles sont apparues évidentes.

Dès 2010, les deux CCIT ont donc instauré des rencontres régulières pour échanger idées et bonnes pratiques. La CCIT de la Moselle bénéficiant d’un temps d’avance et de recul sur le projet, elle en a fait profiter sa partenaire lensoise. « Nous leur avons apporté un peu de vécu de ce que nous avons réalisé à Metz […] nous avons échangé sur le positif et le négatif », précise Thierry Schidler, Elu titulaire en charge du Tourisme à la CCIT de la Moselle.

Afin d’aider les entreprises mosellanes du tourisme à accueillir les nouvelles clientèles venues avec l’ouverture du musée, la CCIT de la Moselle a en effet mis en place de nombreux outils : 10 000 guides de traduction multilingues, un service gratuit de traduction de menus pour les restaurants, un site internet de ressources, des cours de langues, etc.

Si, parmi ces actions, plusieurs ont été directement copiées par la CCIT Artois, « il y a des choses que nous n’avons pas faites, qu’ils ont réalisé. On va aussi s’inspirer de ce qui a été fait, le reproduire en Moselle », rajoute Thierry Schidler.

« On peut encore progresser »

Pour maintenir cette dynamique d’échanges, Philippe Guillaume accompagné d’une petite délégation mosellane, est venu rencontrer Edouard Magnaval, le 8 février 2013 à Lens, pour signer une convention qui vient sceller un partenariat fort et durable entre les deux CCIT.

Les huit engagements de la convention couvrent notamment : les outils d’observation des retombées économiques ; les dispositifs d’accompagnement et les démarches de progrès destinés aux professionnels du tourisme ; la promotion du mécénat ; les actions de promotion et de marketing territorial ; les réseaux économiques locaux.

Car à Lens comme à Metz, la démarche engagée ne s’arrête pas avec l’ouverture des deux musées. Les axes d’amélioration sont nombreux : « le travail le dimanche, les horaires d’ouverture entre 12h et 14h, les périodes d’été, à travailler avec les commerçants », explique Edouard Magnaval. Côté mosellan, Thierry Schidler suggère « qu’il y ait au moins une exposition permanente dans une galerie » du Centre Pompidou-Metz. Philippe Guillaume surenchérit avec « l’environnement immédiat de Pompidou […] l’offre hôtelière […] le Palais des Congrès ».

Pour les deux CCIT, la finalité est la même. Il s’agit de saisir sa chance pour faire émerger le potentiel du territoire, gagner la bataille de l’image … et ne pas laisser retomber le soufflé ! Car, comme l’assène Philippe Guillaume, « on peut encore progresser ».